Chambre d'Agriculture 66 Roussillon
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dimanche 5/9/2010
 
 

Les vergers sont en fleurs et c’est magnifique !

Et pour nous tous la floraison est synonyme de beauté, de parfums et de grâce !

Pour les arboriculteurs il n’en est pas de même car cette période est source d’inquiétude et de crainte tant c’est une phase, à la fois délicate et essentielle.

La floraison, c’est tout simplement l’apparition de la vie.

Allez, petite leçon de science : les organes mâles que sont les grains de pollen situés sur les étamines vont féconder les organes femelles cachés au fond du réceptacle floral, en étant transportés par les abeilles ou le vent.

Les abeilles passent d’une fleur d’une variété vers une fleur d’une autre variété et assurent ainsi la fécondation.

Et pour garantir une production suffisante, l’arboriculteur va jouer les entremetteurs en mélangeant 2, voire 3 variétés compatibles.

Pour parfaire le travail des abeilles et leur faciliter la vie il peut aller jusqu’à installer des ruches dans son verger.

Et c’est donc une collaboration entre 2 professions agricoles, l’arboriculteur et l’apiculteur.

L’apiculteur prépare les ruches pour qu’elles soient efficaces dans le verger. L’arboriculteur, lui, doit faire très attention à l’utilisation des produits phytosanitaires pendant la présence des ruches dans le verger pour ne pas intoxiquer les abeilles.


Pour certaines espèces comme le pêcher, ou certaines variétés d’abricotier, comme le Rouge du Roussillon, la fécondation est relativement simple car on a affaire à des cultivars, des variétés si vous préférez, qui sontauto-fertiles et n’ont besoin ni du vent, ni des abeilles.

Demain, le risque, c’est le froid qui nous guette !


Les abeilles jouent un rôle important dans la floraison mais les conditions climatiques ne sont pas de reste pour favoriser ou anéantir tout floraison.

Des gelées de printemps qui détruiront les fleurs ou des vents violents et des températures froides peu favorables au travail des abeilles en sont des exemples.

Alors comme tous les ans, il faut croiser les doigts pour que ces vergers roses ou blancs sur fond de Canigou enneigé soient dans quelques mois chargés des fruits tant attendus !

D’ailleurs l’arboriculteur, comme son confrère maraîcher ou vigneron nous dit toujours fort justement que sa production s’apparente, c’est une image, à une usine sans toit, tellement le facteur temps n’est pas maîtrisable !

La tempête de vent du mois dernier est là pour nous le rappeler.

Alors chez nous la période dangereuse, pour les vergers, c’est à dire le gel, s’étale de mi-février à fin mars en Plaine et de début mars à fin avril enConflent.

En clair, 2 mois et demie de crainte pour notre production fruitière : pêches et nectarines, abricots, cerises, pommiers principalement.

Ainsi les dégâts du gel peuvent concerner non seulement les bourgeons gonflés, qui sont presque ouverts, mais aussi toute la période de formation du petit fruit !

Au-delà, les risques de gel disparaissent.

Pour l’instant la météo est printanière et les prévisions ne sont pas alarmantes. Pour se prémunir, en cas de risque, les arboriculteurs utiliseront les moyens de lutte habituels :

  • l’aspersion des arbres fruitiers avec de l’eau qui en se transformant en glace dégage de l’énergie qui maintient une coque de glace à o° sur les fleurs et les protège ainsi des températures négatives ,

  • le brassage d’air qui a pour objectif de mélanger l’air chaud, qui a tendance à monter, à l’air froid qui glace et a tendance à descendre,

  • les traditionnelles chaufferettes.